Témoignages d'éducatrices et éducateurs
Intéressé par les témoignages
d'éducateurs:
Dans le secteur de l’aide
aux personnes handicapées
Dans le secteur de l'aide à la
jeunesse (résidentiel)
Dans un service d'aide en milieu
ouvert
Dans un centre d'orientation éducative
Dans un service de prestations éducatives
et philanthropiques
Dans
des services de santé (soins psychiatriques, toxicomanie…)
Travail
dans le groupe des femmes
Nous
faisons partie du service animation au sein du foyer familial. Plus ou moins une
fois par mois, nous organisons des soirées « dialogues » avec une
personne du service social et les femmes accueillies. Nous apprenons ainsi à
chacune à prendre la parole, à mettre des mots sur des événements du groupe.
Nous les aidons à avoir une place. C’est le moment où nous pouvons gérer
avec elles les conflits de leur groupe.
La
régularité de ces soirées permet d’éviter l’escalade d’événements négatifs
qui pourraient conduire à une vie de groupe insupportable.
Ce
qui se passe, lors de ces soirées, nous permet de réfléchir en équipe. les
outils utilisés peuvent amener à confirmer un bon fonctionnement, une bonne
entraide entre les personnes hébergées et valoriser chacune dans sa façon
d’être.
D’autre
part, nous décodons parfois certains phénomènes de groupe qui peuvent être négatifs,
voire destructifs au point d’empêcher les individus de vivre au sein du Foyer
familial. Dans ce cas, nous intervenons rapidement et au mieux afin d’assainir
l’ambiance pour permettre à chacune de retrouver une place.
Lors
d’une de ces soirées, nous avons parlé de l’accueil dans le groupe.
Certaines, plus anciennes, parlaient de l’arrivée de nouvelles personnes et
les dernières venues parlaient de leurs impressions lors de leur hébergement
au Foyer familial. Il y eut un très bon échange et la conclusion s’est faite
avec la réalisation d’un panneau intitulé: « les 10 commandements du
bon accueil! ». Elles l’ont affiché dans le réfectoire, lieu de vie
communautaire.
Martine
Gonze et Nadia Elaut
Foyer
familial de charleroi
Maison maternelle
La
gestion des conflits
Il
faut aussi savoir, sinon c’est la « pétaudière », dédramatiser
certains conflits nés au sein du groupe, suite au stress, à des bagarres, à
l’abus de boissons alcoolisées...
Il
est évident que ce n’est pas gagné d’avance. Si je sens la tension venir
et que je veux la déconnecter, je le fais avec humour et en prenant l’hébergée
la plus « rebelle » avec moi dans le bureau.
mais
si on m’appelle quand la bagarre est déjà commencée, je laisse faire, car
si je m’interpose, je risque des baffes « perdues » , elles se
calmeraient pendant 5 minutes, puis cela reprendrait de plus belle. Donc, je
regarde, mais je n’interviens pas physiquement.
Elles
savent également que je ne soigne pas les dégâts, tout en leur procurant, à
la rigueur, pansements, crème, éosine et calmant pour la tête... mais pas
plus...
Je
leur explique que je travaille avec des femmes, mais pas avec des « harpies ».
Rares sont celles qui n’acceptent pas mon discours, du moins en ma présence.
Une éducatrice ayant 12 ans d’ancienneté.
Maison maternelle
L’accueil
Les
soirées, nuits et week-ends, nous sommes maîtres à bord, ce qui peut être
valorisant, car nous devons prendre des décisions rapides et
appropriées.
Lorsqu’une
nouvelle résidente se présente, sans crier gare, il m’arrive d’être un
peu prise au dépourvu. Il faut l’accueillir avec chaleur, être à l’écoute,
tout en manipulant fardes, nécessaire de toilette, draps de lit...
L’accueil,
c’est important car on peut déjà faire le tour de la situation, mettre la
personne à l’aise, la déstresser.
Comme
bien souvent elles arrivent dans « un état de crise », un café, un
sourire, un peu d’humour met la maman plus en confiance et sécurité. Il est
vrai qu’un bon accueil prend du temps, chose pas toujours facile quand on est
seule. Or, il faut faire face et mener plusieurs actions simultanément comme:
ouvrir la porte d’entrée, voir de qui il s’agit et l’orienter là où il
doit aller (souvent le parloir) puisqu’en général, ce sont des visiteurs. Il
n’est pas rare que d’autres résidentes, plus curieuses, viennent y mettre
leur « grain de sel ». J’en profite alors pour leur demander
d’aider la nouvelle à monter ses bagages (s’il y en a), puis le téléphone
sonne (il faut répondre), un enfant s’échappe du living et vient jouer dans
le bureau. Il faut le reconduire chez sa maman. Une autre maman vient demander
du produit de nettoyage, une lavette, une éponge, du cif... Une autre signale
qu’il n’y a plus de papier w.c. à la toilette.
Donc,
tout en faisant l’accueil, il faut que je sois disponible, calme, souriante et
non agitée (cela énerve). Il est nécessaire que je sois bien organisée.
Lorsque
l’accueil proprement dit est fait, je lui montre sa chambre, lui explique le règlement,
le fonctionnement de la maison. Je l’invite à venir choisir son repas (car
souvent, elles n’a rien avec elle) et puis souvent je la stimule à le préparer,
car vu le stress, elle n’a guère d’appétit.
Je
continue ensuite à lui expliquer les lieux, le living où elle pourra cuisiner,
manger, regarder la T.V. dans le coin salon, lessiver, repasser...
Si
ces lieux ne conviennent pas, elle peut le faire dans sa chambre, à
l’exception de la cuisine (sa chambre ne s’y prêtant pas). Les femmes
peuvent toutes se faire un café, si bien entendu, elles possèdent un
percolateur. Je les invite à organiser leur vie dans leur chambre du mieux
qu’elles peuvent - garnitures - posters -plantes... où elles pourront se
retirer dans un coin agréable pour la nuit et parfois des moments de la journée.
Une
éducatrice ayant 18 années d’ancienneté
Maison Maternelle
Avant d’en suggérer la portée, il convient
d’en préciser les limites. Ainsi éviterons-nous l’énoncé d’un « projet
pédagogique » utopique qui se prétendrait commun à toutes les maisons
maternelles, ou permanent dans chacune d’entre elles. Plusieurs paramètres
influencent les modalités du travail d’accompagnement dans chaque maison et
lui impriment un style particulier.
Le choix ou l’obligation de séjour.
En proportion variable, on dénombre des mineures,
futures ou déjà mères, sous tutelle d’un S.P.J. ; des personnes sous
guidance d’un S.A.J. ; des résidentes, enfin, indemnes de toute
obligation et libres, donc, d’entrer et de quitter à leur gré, selon l’évaluation
qu’elles font de leur situation. Le mandat de la maison maternelle, et
corollairement, ses modes d’action, doivent s’ajuster à ces différents
statuts.
La durée de séjour.
De
quelques jours à plusieurs mois, la durée du séjour est extrêmement
variable. De plus, et sauf dérogation occasionnelle, elle ne peut excéder 9
mois. Il s’ensuit que la composition du groupe des résidentes est en perpétuel
remaniement. Moins du tiers, souvent, de personnes présentes en début d’année
se retrouvent en fin d’année. Si elle veut homogénéiser et stabiliser son
effectif, une maison ne peut qu’opérer une sélection à l’accueil. En
fonction de cette composition, certaines maisons instaurent une « pédagogie
communautaire », d’autres personnalisent davantage les conditions de
convivialité.
Le poids des influences.
En franchissant le seuil, une personne importe une
double influence sur son adaptation à la maison. La première tient aux réactions
que son entourage manifeste à l’égard de son séjour. Elles vont de
l’approbation à l’opposition, en passant par une gamme de nuances dont
l’ambivalence est rarement absente.
La seconde se nourrit des représentations que la
personne se fait des bénéfices qu’elle peut retirer de son séjour, échelonnés
des plus utopiques aux plus réalistes.
Ce double système d’influences va largement
moduler la portée des jeux et enjeux que la maison peu activer pour exercer une
aide utile.
L’environnement de la maison maternelle.
Selon son implantation, son contexte sociologique,
sa structure architecturale, les ressources locales, les partenariats établis,
chaque maison maternelle met en œuvre des moyens diversifiés, parfois spécifiques,
pour mener à bien sa mission.
Quelles que soient les variantes propres à chaque
maison, il semble possible de décrire au moins trois fonctions communes à
toutes.
1.
Fonction de protection.
Elles offrent un lieu de protection, répondant souvent à une réelle urgence. L'extrême
misère matérielle et l'isolement social poussent de nombreuses mamans à
franchir le seuil des maisons, par initiative personnelle ou sur le conseil d'un
service social.
La mère et ses enfants reçoivent immédiatement un
soutien sanitaire et psychologique.
Se
réfugier dans un lieu où l'on peut manger au chaud, dormir sans crainte et
parler sans cris est certes élémentaire mais indispensable pour des personnes
que l'insécurité mène à bout.
Prendre du temps pour restaurer sa santé et
retrouver confiance sont des priorités.
Ultérieurement ces personnes tenteront de se réorienter
vers une vie plus sécurisante pour elles et leurs enfants.
La maison, parce qu'elle est un espace privé,
fournit une protection face aux manœuvres d'intimidation et aux menaces dont
femmes et enfants sont parfois les
cibles.
Des jeunes femmes enceintes, certaines mineures,
sont rejetées par leur famille parce que l'honneur est bafoué ou simplement
parce que les charges pratiques et financières de la future naissance menacent
une pauvreté déjà manifeste.
A celles qui ont ainsi perdu lieux et liens, les
maisons offrent les moyens d'une pause d'autant plus indiquée qu'une grossesse
est en cours ou qu'un ou des enfants les accompagnent.
Cette fonction de protection est encore plus décisive à l'égard des enfants, lorsqu'il s'avère que leur mère elle-même ne leur assure pas les soins élémentaires ou une présence affective sécurisante.
2.
Fonction d'observation.
La Maison Maternelle fournit à l'enfant une
protection immédiate et une insertion dans un environnement plus varié et
chaleureux et elle entame également une observation
soutenue des interactions au sein des familles.
Lorsque cette relation est
gratifiante et structurée, les travailleurs sociaux ont la satisfaction
de la renforcer par une complicité bienveillante.
Lorsque la relation mère-enfant se révèle précaire,
souffrante, voire destructrice, ils ont alors le souci de comprendre les
dysfonctionnements et d'y remédier.
Cette perspective d'intervention, les Maisons
Maternelles l'ont en commun avec les services ambulatoires, particulièrement
avec les équipes SOS parents-enfants.
Mais, pour les situations les plus critiques, elles
disposent du moyen supplémentaire que constitue la présence continue auprès
du couple mère-enfant.
Les attitudes maternelles peuvent être observées,
et les équipes peuvent discuter, analyser et modifier leurs stratégies
d'intervention sur des périodes intensives; en effet, d'une part, le nombre des
situations est limité, et d'autre part, la communication est facilitée par la
présence permanente d'intervenants au contact immédiat des mêmes situations.
L'observation directe porte sur l'ensemble du vécu
quotidien; citons entre autres:
les séquences de gratification et d'irritation réciproques au sein des
familles,
les "tranches de vie personnelle"
choisies par la mère pour expliquer sa situation actuelle,
l'évaluation qu'elle fait de ses atouts et ressources pour modifier sa
situation,
les pratiques concrètes de maternage appliquées aux besoins vitaux de
l'enfant,
la place que les parents s'assignent dans la constellation familiale élargie,
les initiatives prises pour restaurer ou rompre les liens amoureux,
les attitudes différenciées adoptées par la mère envers ses enfants
et les autres enfants présents dans la maison,
l'intensité des demandes exprimées par l'enfant et les modalités de réponse
de la maman, - la conception plus ou moins adéquate que celle-ci se fait du développement
de l'enfant,
la répartition très variable des affinités et des répulsions entre résidentes,
ainsi que les motifs qu'elles en donnent spontanément.
L'observation personnelle des travailleurs sociaux
sert d'ingrédient à une réflexion collégiale qui permet un accompagnement de
longue durée.
Au-delà de l'étiquetage global: "maltraitance-négligence-maladresse"
se précise ainsi un portrait dynamique des relations intra-familiales, une évaluation
de leur potentiel d'évolution et une estimation des risques de dégradation.
Notons que la place du père n'est nullement négligée
et est incluse dans la démarche d'aide, bien évidemment, lorsque cela est
possible.
3.
Fonction d'intervention.
Le bilan continu réalisé grâce à une observation
attentive sert de fondement à deux
actions.
La
première concerne la collaboration avec les services sociaux ou les instances
judiciaires. Au terme obligé du séjour
(limité à 9 mois), les formes de tutelle qu'ils décideront d'exercer - ou de
cesser- tiendront compte de l'avis circonstancié de la Maison Maternelle.
Il existe tout une gamme de modalités de suivis de
nature matérielle, sociale ou psychologique, en fonction du diagnostic établi.
Dans les situations graves où la mère, malgré le
soutien apporté, ne peut assurer auprès de l'enfant son rôle sécuritaire et
éducatif, des palliatifs et des aides sont à installer, jusqu'à et y compris,
confier l'enfant à d'autres accueils.
C'est la responsabilité d'une Maison Maternelle de
collaborer à ces décisions... et l'on ne compte plus le nombre d'enfants dont
le développement a été sauvegardé ou simplement la vie sauvée parce que le
séjour en Maison Maternelle a interrompu un processus catastrophique.
Ce qui prouve, sans le moindre doute, que la Maison
Maternelle exerce effectivement une prévention de première ligne.
La
seconde action est interne. Durant le séjour, l'équipe d'accompagnement
entreprend un ensemble de tâches profitables au développement de la famille
L'enfant, d'abord
bénéficie d'un suivi sanitaire intensif, bien utile quand on constate
l'état de chétivité de certains. la découverte de symptômes particuliers
(vision, audition, dentition, troubles psychosomatiques) détermine également
des traitements spécialisés.
La fréquentation régulière d'une crèche ou de l'école
gardienne, que souvent l'enfant découvre tardivement, favorise le développement
socio-affectif.
L'organisation interne de la Maison Maternelle
induit un rythme de vie régulier (repas, sommeil, déplacements, jeux). La présence
d'autres adultes, mamans et animatrices, élargit le champ relationnel de
l'enfant et de la maman.
La maman, quant à elle, est sollicitée à devenir
partenaire de différentes démarches visant à consolider son statut personnel
et son rôle maternel.
Démarches sociales et juridiques, d'abord, remise
en ordre de dossiers administratifs: mutuelle, chômage, minimex, allocations
familiales; recherche d'un habitat
ou d'un travail; aide et conseil dans les procédures de séparation, divorce ou
garde d'enfants.
Ces démarches administratives constituent un
apprentissage et ont une influence protectrice directe sur le destin de
l'enfant.
Lorsque de toutes jeunes femmes, enceintes ou récemment
accouchées, ont tout à apprendre de la vie ménagère et des soins de
maternage, l'exemple d'autres mamans et l'impulsion de l'équipe d'animation
constituent un écolage des plus utile.
Des solidarités spontanées ou organisées prennent
alors le relais. On conviendra volontiers que, dans ces deux cas, les enfants
sont les premiers bénéficiaires de cette sollicitude.
Enfin, grâce à la disponibilité permanente des
travailleurs sociaux, la Maison Maternelle assure un accompagnement
psychologique soutenu. Attentives à l'expression des souffrances, les
animatrices ont à entendre les confidences les plus graves et les plus intimes.
Quand on constate que les mères les plus inadéquates
ont été souvent elles-mêmes les enfants les plus malmenés, - on
ne sait donner, dit-on, que ce qu'on a reçu - , on ne se contente plus
d'attitudes simplement normatives. Si le poids de leur passé grève l'avenir de
leurs enfants, on ne peut s'épargner, en priorité, de les aider à se
reconstruire une image d'elles-mêmes, une identité, moins tourmentées. Les
vouloir mères, avant qu'elles aient conscience de leur dignité de femmes, est
une utopie.
Certaines, pour déclencher leur sollicitude à l'égard
de leurs enfants, ont besoin de se sentir valorisées, pour la première fois de
leur vie, parfois…
D'autres, aux prises avec la velléité de rompre un
asservissement devenu insupportable, souhaitent être renforcées dans leur détermination.
Dans beaucoup de situations, critiques pour les
enfants, la responsabilisation d'une mère passe par un processus d'émancipation
de la femme qu'elle est d'abord. L’entrée en maison maternelle est souvent
l’indice signalant qu’une femme ne trouve plus autour d’elle
d’interlocuteur fiable dans cette recherche anxieuse d’identité.
Le séjour fournit l'occasion de restaurer des liens
avec des personnes - les animatrices - habilitées à tout entendre, à
dialoguer sur tout, depuis les misères les plus sordides jusqu'aux espoirs les
plus fous.
Wanfercée-Baulet, le 25 janvier 2000.
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
Centre de jour jeunes handicapés
"Ce qui est important pour une évolution positive, c'est le
partenariat avec les parents et l'équipe éducative. Sans ces relais, notre
travail serait nettement moins efficace..."
Carine, éducatrice
à La Source de Soignies.
La position d'éducateur dans mon institution d’aide
aux handicapés
En
tant qu'éducatrice, je me sens inspirée, ce que je suis moins aujourd'hui,
mais je vais malgré tout, tenter de vous expliquer ce que je ressens, ce que je
vis et ce que je voudrais faire vivre à ces garçons avec lesquels je
travaille.
Il
est vrai que "mes gars" ne sont pas des handicapés profonds et que,
grâce à la structure mise en place autour d’eux, ils mènent une vie
quasi-normale (du moins, c'est ce que le centre veut leur apporter).
Je
ne suis pas depuis très longtemps dans le profession, vous me trouverez donc,
peut-être, utopiste, pleine d'espoirs et de beaux rêves, mais je vais tenter
tout au long de ma carrière de garder cet "esprit-jeune". Ce que je
redoute le plus, c'est de me sentir blasée, mais ce n'est pas dans mon caractère...
alors...?
Un
vague souvenir d'un cours de didactique me remonte en mémoire: les rôles des
éducateurs dans le temps: moi, je m'étais positionnée dans la catégorie
"éduc-scout-bénévole"!
Et,
dans chaque travail que je réalise, j'en reviens toujours à ce côté
"scout débrouillard".
Je
suis une "touche à tout", de la broderie à la maçonnerie, en
passant par... ce que vous voulez. C'est ça que mes gars apprécient, avec eux
je fais tout, avec moi, ils font n'importe quoi.
Nous
avons une recette magique:
une
bonne dose d’imagination;
un
carton plein de récupération;
un
soupçon de réflexion;
un
grand bol de bonne volonté;
une
cuiller de discussion;
une
pincée d’innovation;
...
Ajoutons-y-ce
que nous voulons selon l'inspiration.
Mélangeons
dans la bonne humeur et nous obtenons 13 gars heureux d'avoir créé quelque
chose, d'avoir réalisé par eux-mêmes l'œuvre...
Pour
moi, tant que je serais inspirée, je sais que je ferai du bon boulot. Tant que
je regarderai mes gars avec un œil neuf, sans les juger, je sais que j'aimerai
mon boulot;
Un
vieux sage chinois a dit un jour: "Dans une journée, tout ce qui n'est pas
donné est perdu"... et je n'ai rien à perdre, j'ai tout à leur donner
car ils m'apportent tant. Dans leur regard, leur sourire, leurs mimiques... dans
leur différence.. dans leurs cris, leurs larmes... dans ce qu'ils sont.
Des
êtres humains capables de tant d'humanité!
Nadine Lebrun
Centre de Rencontres de Montignies sur Roc
Adultes handicapés mentaux
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
"Petit à petit, le travail de l'éducateur se modifie. Auparavant,
il se situait plus au niveau du groupe et à l'intérieur du Bercail.
Aujourd'hui il devient plus individuel et s'ouvre sur les familles, sur les
centres de jour... Cette nouvelle façon de travailler nécessite une
planification des éducateurs".
(Extrait du
rapport d'activités 1994
du
Bercail, Liège)
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
"L'esprit, l'accueil, le quotidien, nous avions l'impression de
connaître... Et pourtant très vite, nous avons été confrontés au problème
de la reconnaissance du corps, de la sexualité (...) Il est pour nous de première
importance de reconnaître à chacun le droit au respect de son corps, de son
intimité".
Ali Barkati et
Dominique Cambron,
éducateurs
au Village n°1
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
"Nous
avons réalisé un déplacement au théâtre de "La Courte Echelle" à
Liège. Une des marionnettes incarnait un personnage en voiturette. Drôle et émouvante,
la saynète a amené beaucoup de réflexions chez les résidents."
P. Lefebure et
M. Remacle, éducateurs
à la
Pommeraie, Huy
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
"Etre éducatrice"
Je
travaille actuellement avec des enfants psychotiques de 8 à 10 ans.
Je
pense que le métier d'éducateur est un équilibre à trouver au jour le jour
avec ces enfants, selon les problèmes qui se présentent, leur état émotionnel
du moment, selon leur humeur et la mienne (à essayer de verbaliser plutôt que
de la projeter sur eux si elle est mauvaise).
Nous
devons nous rendre compte que les comportements de ces enfants ne sont jamais
que les symptômes de leur souffrance, pour nous permettre de les accompagner et
de verbaliser cette souffrance.
A
cela doit s'ajouter un cadre de vie structuré avec des limites, permettant
ainsi le respect de chacun.
Je
tiens à ajouter ici un élément essentiel du métier: l’éducateur doit
avoir un très grand équilibre et pour ce faire, se remettre en question,
suivre des formations adéquates et acquérir ainsi une plus grande compréhension
des choses.
Annie D'Hainaut
Educateur
dans le secteur de l’aide aux personnes handicapées
Le travail éducatif avec des caractériels
Contrairement
à bon nombre de handicaps pris en charge par l’A.W.I.P.H., les troubles
caractériels sont réversibles. Souvent, ils se traduisent par des problèmes
de comportement associés à de graves troubles de la personnalité, voire même
des souffrances qui relèvent de la pathologie mentale.
Un
accompagnement pluridisciplinaire en service résidentiel peut aboutir à la
suppression des manifestations qui ont conduit le jeune chez des spécialistes.
Elles
s’apparentent aux manifestations de mal-être de l’adolescence. Non traitées,
elles peuvent conduire les jeunes aux comportements de dépendance, à des décompensations
ou à des dépressions masquées, à des accidents qui camouflent (mal) des
tendances suicidaires, à des suicides.
La place de l’éducateur est centrale. Soutenu et guidé par une équipe pluridisciplinaire (psychiatre,
psychothérapeute, assistant social...), il est par les gestes du quotidien
celui qui véhicule le savoir être thérapeutique de tout un service.
Le(s) drame(s)
originel(s) entre l’enfant et son milieu, graine des perturbations psychiques
qui apparaissent aujourd’hui, se rejoue(ent) sans cesse dans la relation à
l’éducateur spécialisé. Une relecture permanente de ce qui s’y déroule,
permet à l’éducateur de cesser de reproduire la vieille histoire.
Les adolescents
abandonniques de 15 ans, ont bien souvent plus de dix ans d’ancienneté dans
« l’art » de se faire rejeter, alors que le plus souvent l’éducateur
n’atteint pas les dix ans d’ancienneté.
Le
succès de cet accompagnement difficile, tient beaucoup de la capacité de l’équipe
de communiquer rapidement.
Une des forces
de la pathologie caractérielle réside dans la puissance qu’elle développe
à remettre en scène aujourd’hui les acteurs des scènes familiales de son
enfance. Les équipes seront souvent piégées par cette dynamique toxique et
puissante si elles n’y prennent garde. L’éducateur à l’avant scène du
quotidien est souvent désigné dans les échecs (rarement dans les succès).
Aussi, a-t-il besoin d’un accompagnement professionnel appelé supervision qui
hélas, ni les pouvoirs organisateurs, ni les pouvoirs subsidiants ne sont prêts
à soutenir.
Cette longue et
patiente maturation affective du « caractériel » se fait dans le
quotidien (les levers, les repas, les soirées, les achats de vêtements...),
dans les ateliers qui peuvent être créés au sein de l’établissement
(bibliothèque, club vélo, bodybuilding...) et lors de la réalisation
d’activités extérieures (équitation, activités culturelles ou sportives).
Une attention particulière est accordée à la scolarité, ce qui implique un
suivi de la part de l’éducateur et des contacts avec les enseignants.
Chacune de ces
rencontres est l’occasion pour le jeune d’expérimenter la confiance là où
la méfiance faisait rempart contre la souffrance.
Pour l’éducateur,
tout se passe comme s’il s’agissait d’amener progressivement le jeune à
cesser de « distordre » les relations privilégiées qu’ils
construisent ensemble.
En permettant
de nouvelles expériences, l’éducateur devra aider le jeune à transférer
ses succès dans les relations familiales, scolaires, vie sociale, travail...
Considérant
souvent que le jeune est aussi le « porteur d’un symptôme » révélateur
d’un problème familial, l’institution considère qu’un travail avec la
famille est indispensable si l’on veut restaurer la relation souvent altérée
entre le jeune et ses parents. L’éducateur participe aux rencontres avec la
famille afin de répartir autrement les charges émotionnelles qui pèsent sur
l’enfant ou l’adolescent caractériel.
La rencontre régulière
de l’éducateur avec les enseignants permettra de soutenir ceux-ci face aux
derniers assauts du caractériel qui n’a pas encore opté pour le succès.
Réussir cette
approche nécessite la participation des éducateurs à de nombreuses réunions
d’équipe. Il y est soutenu et y trouve le recul émotionnel indispensable qui
lui permettra d’éviter les pièges que le jargon psychologique nomme « transfert
et contre transfert ».
L’augmentation
du temps réservé au travail d’équipe ne pourra éternellement grignoter le
temps réservé à la rencontre quotidienne. Dans l’avenir, les éducateurs
devront probablement négocier une répartition du temps de travail différente
des autres secteurs.
Tout ce travail
se fait en résidentiel, donc en groupe. Cette « caisse de résonance »
(si on ne veut pas qu’elle explose) nécessite de la part de l’éducateur de
solides compétences en gestion du groupe.
Enfin, le seuil
d’excitation des caractériels étant plus bas que la normale (ils ont besoin
d’activités plus « hard » pour se sentir vivre), exige de l’éducateur
de mettre en oeuvre des activités à haut niveau d’excitation (techniques et
sports d’aventure...).
Texte proposé
par Luc Fouarge, groupement des I.M.P. 140
Educateur en service d'aide en milieu ouvert
Une jeune fille en fugue se présente au sein de notre service.
Elle ne supporte plus l'ambiance familiale et le manque de communication
entre elle et ses parents.
Nous lui expliquons alors les principes de notre A.M.O. et le travail que
nous pouvons effectuer avec elle. Nous lui proposons également de contacter ses
parents dans le but de les rassurer, tout en respectant son choix de mentionner
ou non l'endroit où elle se situe, ainsi que son envie ou non d'inviter ses
parents.
Par ailleurs, quand la police nous appelle pour nous demander si cette
fille est dans nos locaux, nous ne cherchons plus à nier sa présence au sein
de notre service. Cependant, un contrat, devenu implicite, est établi entre
nous et la police. Dans le but de respecter le rythme du jeune et tout en le
responsabilisant, la police ne prend plus l'initiative d'informer les parents de
l'endroit où se situe la jeune, c'est à la jeune à le faire.
Par contre, dans un souci d'anonymat et pour éviter une certaine méfiance
de la part du jeune vis-à-vis de nous, nous ne demandons pas à communiquer les
coordonnées exactes du jeune. Nous ne divulguons aucune information concernant
les jeunes (à quiconque), sans leur accord, même si des personnes se présentes
et se disent proches du jeune.
Un éducateur, AJMO à Charleroi, janvier 2000.
Educateur
en service d'aide en milieu ouvert
Coup de fil: le
permanent : « Service d’aide aux jeunes, bonjour ».
A l’autre bout du
fil, une voix masculine explique que sa fille a disparu depuis la veille. Elle
est certainement en fugue parce qu’ils ont quelques difficultés familiales
pour l’instant. La police lui a dit qu’elle pourrait peut-être se trouver
dans notre service.
Le permanent présente
alors le service et lui explique qu’il ne peut pas lui dire si la jeune fille
est là ou non, à cause du principe d’anonymat garanti au jeune. Ceci afin de
le sécuriser par rapport à une éventuelle « dénonciation » du
service et éviter ainsi qu’il ne reparte dans la rue, mais également pour le
responsabiliser par rapport à ses actes. Nous travaillons à ce que le jeune
prenne conscience que son « histoire » est liée à ses parents et
qu’à un moment ou à un autre, il sera à nouveau amené à leur parler.
Le jeune décidera alors quand et où cela se fera.
La plupart du temps, il contacte ses parents rapidement ou nous demande de le
faire.
L’anonymat. ( par
une éducatrice dans une A.M.O.)
Educateur
en service d'aide en milieu ouvert
Une jeune fille
de 14 ans arrive chez nous expliquant qu’elle ne veut plus rentrer chez ses
parents: « Je ne veux plus les voir. La vie avec eux n’est plus possible ».
Deux permanents
l’invitent à expliquer ce qui lui pose problème, ce qui fait qu’elle est
partie, l’élément déclencheur.
De fil en
aiguille, elle se rend compte qu’elle se sent délaissée par son père depuis
l’arrivée de sa belle-mère. Elle a l’impression que son papa ne l’aime
plus mais finalement, elle n’a
pas vraiment envie de quitter la maison.
Nous lui
proposons une médiation avec les personnes concernées. Elle accepte et leur téléphone
pour les inviter à venir.
Lors de cette
rencontre, les uns et les autres pourront entendre leurs difficultés et leurs
aspirations réciproques. Ils décideront finalement de reprendre la vie commune
sur base d’un contrat proposé par la jeune fille et signé en notre présence.
A leur demande, un rendez-vous est fixé. Ceci afin d’évaluer ensemble l’évolution
de la situation.
En effet, une des missions de l’A.M.O. est de maintenir le jeune dans
son milieu de vie lorsque cela est possible.
La médiation ( par une éducatrice dans une A.M.O.).
Educateur
en service d'aide en milieu ouvert
Un jeune garçon
de 16 ans s’adresse au service pour des difficultés relationnelles qu’il
vit avec ses parents. Il semble inquiet de l’utilisation que l’on pourrait
faire de ses confidences.
Dans la présentation
du service que nous faisons au jeune, nous insistons sur la confidentialité que
nous lui garantissons.
Ainsi, nous lui
expliquons que ce qu’il nous dit lui appartient et que, quels que soient les
contacts que nous puissions avoir avec d’autres personnes à son sujet, rien
de ce qu’il nous confie ne sera dit sans son accord.
De
même, s’il opte pour une médiation avec ses parents, nous travaillerons
ensemble ce qu’il veut leur transmettre.
La confidentialité
( par une éducatrice dans une A.M.O.).
Educateur dans un centre d'orientation éducative
Inscrivez-le dans un club sportif...
Les parents
sont démunis face aux démarches à effectuer avec l’école, l’hôpital, le
C.P.A.S....
Nous pourrions
leur proposer: « Inscrivez votre enfant dans ce club sportif, il y sera
bien... Je vais aller l’inscrire avec vous ».
A un premier
niveau, ces parents seraient sans doute d’accord, convaincus que leur enfant a
besoin de sport.
A un autre
niveau quelque chose les bloque. Et c’est là que nous intervenons.
Qu’est-ce qui fait le blocage, les paralyse? Avec eux, tout doucement, nous ouvrons
le livre de leur histoire.
Quel a été
leur vécu dans le monde des humains que toute démarche devienne difficile,
voire impossible?
Nous pourrions
dire aussi: « Madame, vous devez obliger vos enfants à aller dormir tous
les soirs à 20 H. Ils sont jeunes; ils ont besoin de limites. Vous aurez aussi
besoin de temps pour vous ».
Cette maman le
sait déjà et elle se méfiera sûrement de ces « bons éducateurs »,
détenteurs du savoir et des « bonnes » règles de vie.
Le problème
est ailleurs. A nous de l’aider à le découvrir.
Que s’est-il
passé dans l’histoire de cette femme pour qu’elle éprouve tant de
difficultés aujourd’hui à imposer des limites à ses enfants, à se faire
respecter en tant que mère, en tant que femme aussi qui a besoin d’un peu de
calme, d’un peu de temps pour lire, rêver, flâner...
Et très
souvent dans ces problèmes de non-structure, c’est une histoire d’inceste
qui se raconte, oubliée ou jamais dite ou jamais entendue.
Enfant non
respectée dans son intimité, incapable de mettre des limites face à un
abuseur, cette enfant une fois adulte ne peut que montrer inlassablement son
histoire « je ne suis pas respectée, je suis incapable d’imposer mes
limites » jusqu’à ce que quelqu’un l’entende et décode avec elle
ce qu’elle montre jour après jour.
Ecoutée,
reconnue en tant que victime, elle pourra soigner ses blessures et reprendre le
chemin de la maturation de son être.
Sylvie
Legendre, LE CRIC à Tournai
Educateur
dans un centre d'orientation éducative
Nous nous interrogeons sur notre travail, sur la philosophie qui
sous-tend notre pratique. Alors que se généralise un sentiment diffus d’insécurité
dans une société en crise, le contrôle des plus démunis prendrait vite le
pas sur une aide réelle, moteur de changement.
Un centre d’orientation éducative a, le mot le dit, une finalité éducative:
orienter les parents dans l’éducation de leurs enfants. Est-ce à dire que
notre rôle est d’éduquer les parents? Ou encore de les remplacer en tant
qu’éducateurs auprès de leurs enfants?
Nous
ne le pensons pas. Nous ne voulons pas imposer nos propres règles, nos manières
d’agir, de réagir, de réfléchir mais plutôt guider les gens à la
découverte de leurs propres ressources internes et externes.
Témoignage du
CRIC de Tournai
Educateur dans le résidentiel (aide
à la jeunesse)
Présent
singulier, passé pas si simple!
Quel
vécu!
- "Marc, viens vite, on part voir ton
papa."
- "J'ai mis mon beau jeans noir et le petit polo
que j'ai reçu pour ma Saint-Nicolas. Comme cela, je suis tout beau pour aller
le voir en prison. Tu sais, Jacques, je suis content qu'il soit là-bas. Au
moins, je suis sûr de pouvoir le voir régulièrement et cela l'empêche de
faire d'autres bêtises".
Marc est placé depuis deux ans dans l'institution où
je travaille. Avant d'arriver chez nous, il était dans une famille d'accueil.
Mais la famille d'accueil a foiré... Le couple s'est séparé. Le juge de la
jeunesse a donc "réorienté" Marc dans une autre institution d'aide
à la jeunesse. Le "home", il connaît, car avant d'être en famille
d'accueil, Marc avait déjà été hébergé dans une institution accueillant
des petits; il y avait séjourné une dizaine de mois.
Depuis qu'il est arrivé dans l’institution, pas
mal de choses se sont déjà passées. Marc a recommencé à rencontrer plus régulièrement
son père et la compagne de celui-ci. Il a retrouvé sa maman qui, à présent,
vient le voir tous les deux mois. Il est retourné vivre chez son papa et sa
compagne, mais là aussi, le couple s'est déchiré et Marc est revenu chez
nous. Il est resté longtemps sans revoir son père devenu clochard. Il a de
nouveau pu lui rendre visite lorsque celui-ci était en prison. En un an, le
papa de Marc est rentré en prison à Jamioulx, en est ressorti, y est retourné,
a été transféré à Tournai, est ressorti de prison, a été appréhendé et
est à nouveau rentré à Jamioulx.
Marc a un vécu
« riche » en événements et il a encore une longue vie devant lui.
Aujourd'hui, il n'a que 8 ans.
Educateur
dans le résidentiel (aide à la jeunesse)
L'éducatrice,
face aux contacts ou rencontres avec les instances dites supérieures (S.P.J.,
S.A.J., tribunaux…) se classe en trois catégories:
La première, la plus catégorique, est celle où l'éducateur s'en
fiche: "après tout, ce n'est pas mon boulot et je ne suis pas payé pour
ça". Point final.
La deuxième, la plus stressante, est celle où l'éducatrice voudrait
bien… mais n'ose pas, de peur du ridicule, de peur de malfaire, mal dire
devant les gens qu'il lui était même, voici peu, interdit de rencontrer. Cet
éducatrice-là dépassera peut-être sa crainte si elle se sent soutenue, épaulée
et dirigée dans ce domaine qu'elle connaît mal. A elle de se "jeter à
l'eau", d'essayer de rester à la surface et elle finira tôt ou tard par
savoir nager… plus ou moins bien.
La troisième, la plus enrichissante sans doute, est celle où l'éducateur,
par ses facilités, ses compétences, acquises à gauche et à droite, sa détermination
certaine, la disponibilité parfois, s'invite plus facilement à des débats extérieurs.
Il y trouve une place, même s'il doit "s'accrocher" aux côtés
d'intervenants psycho-sociaux (qui décodent tellement bien et tellement vite
les problématiques de certaines familles), ou de responsables pédagogiques ou
directeurs d'institution à qui, il faut dire, on donne plus aisément le droit
à la parole(parfois l'éducateur est totalement ignoré).
Quoi
qu'il en soit, n'oublions pas que l'éducateur, c'est avant tout, la personne
proche de l'enfant. C'est celui qui le lave, qui reçoit ses gros chagrins, qui
lui apprend les limites, qui lui explique l'absence de son papa aujourd'hui et
peut-être demain encore, qui le berce avant de s'endormir, qui partage ses
week-ends et ses réveillons avec lui, qui se lève la nuit pour changer ses
draps remplis de vomi et qui se surprend à penser à lui en-dehors de ses
prestations. Vaste programme, non?
Et
pourtant, connaissez-vous une autre dénomination que "petit éducateur
(comme on dit)" pour définir quelqu'un qui essaye de mener à bien cette tâche
élémentaire mais combien importante, et, enrichissante, aussi?
Christine
Kaise, janvier 2000
Educateur
dans le résidentiel (aide à la jeunesse)
Des idées toutes faites...
Avant mon arrivée dans l’institution accueillant
des jeunes filles en difficulté, j’avais beaucoup d’appréhensions.
J’imaginais toutes ces filles en crise, ce qui, pour moi, impliquait de leur
part un comportement chargé de violences physiques et morales vis-à-vis de la
société en général.
Dès le premier jour, je me suis rendu compte que mes
idées étaient tout à fait fausses. Bien sûr, les filles que j’ai rencontrées
sont en crise, mais cela ne les empêche pas d’être très accueillantes. De
plus, la structure de l’institution correspondait vraiment à celle d’une
maison familiale inspirant un sentiment de sécurité et de liberté.
Dès ce premier
jour, je me suis sentie rassurée quant au déroulement futur de mon travail.
Ariche
Fatma